lundi 21 juillet 2014

Sur les dérapages des récentes manifestations pro-palestiniennes

À mon camarade Kévin l'impertinent qui commentait sous un article ceci :

J'ai un gros désaccord avec : « Je regrette que la gauche de la gauche, comme on dit, ayant fait du Palestinien la figure ultime du damné de la terre alors qu’il n’en est qu’une parmi tant d’autres, accepte de manifester en compagnie de femmes voilées, voire de barbus abrutis qui comparent nazis et israéliens. La religion, opium du peuple, soupir de la créature accablée par le malheur, ça ne vous dit rien les gars ? »
Parce que :
1/ Personnellement, manifester avec des femmes voilées ne me dérange pas une seule seconde.
2/ Il devrait (re)lire l'excellent « De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion » de Lénine (je rappelle que je suis religieux et pas léniniste, donc à priori pas prédestiné à être en accord avec ce texte).Extrait : « En 1874, parlant du fameux manifeste des réfugiés de la Commune, des blanquistes émigrés à Londres, Engels traite de sottise leur tapageuse déclaration de guerre à la religion ; il affirme qu'une telle déclaration de guerre est le meilleur moyen d'aviver l'intérêt pour la religion et de rendre plus difficile son dépérissement effectif. Engels impute aux blanquistes de ne pas comprendre que seule la lutte de classe des masses ouvrières, amenant les plus larges couches du prolétariat à pratiquer à fond l'action sociale, consciente et révolutionnaire, peut libérer en fait les masses opprimées du joug de la religion, et que proclamer la guerre à la religion, tâche politique du parti ouvrier, n'est qu'une phrase anarchique.

J'ai répondu ceci :

Juste une petite remarque. Le propos de Lénine – de même que celui d'Engels – est anachronique, et ne peut en aucun cas servir en ce qui concerne la situation française. Ces derniers se situaient dans un contexte où la religion structurait des liens sociaux parmi les classes travailleuses, et où elle était vécue de manière héritée et spontanée. De ce fait, les révolutionnaires intelligents ont en effet historiquement cherché à tendre la main aux catholiques (jusqu'à Thorez, qui n'était d'ailleurs ni l'un ni l'autre) de la même manière que les révolutionnaires authentiques (comme les communards) cherchèrent à s'attirer les faveurs des paysans (généralement conservateurs et attachés à l'église). Du reste, les objectifs même de Lénine ou Engels étaient clairs : la disparition de la religion – et pour les moins radicaux à ce sujet, comme Jean Jaurès, sa privatisation par la laïcité.

Aujourd'hui, nous avons affaire à une gauche de la gauche qui a une identité déstructurée, qui n'est plus globalement antireligieuse, et beaucoup moins laïque (quand bien même les individus seraient, eux, athées, cf. l'exemple de Pierre Tévanian). En outre, la religion ne structure plus comme auparavant des communautés organiques : elle est souvent vécue sur le mode du choix individuel conscient, et qui plus est elle s'attache à une histoire qui ne se veut généralement pas enracinée – c'est-à-dire qu'à l'inverse du catholicisme d'antan, national voire nationaliste, les nouvelles religiosités se veulent transnationales ou étrangères (islam des ambassades, ou des FM ; protestantisme fondamentaliste ; judaïsme sioniste ; etc.).

Les manifs pro-palestinienne sont hélas bien trop souvent désormais la démonstration de ce que je viens de décrire : l'irruption de drapeaux étrangers ou militants en faveur de groupuscules fanatiques étrangers, avec la complaisance des organisations de gauche radicale qui, on le sait depuis la SWP londonienne (suite de l'article ici), peuvent aller de la tolérance bienveillante envers l'intégrisme religieux à tout simplement sa promotion (issue de militants venus faire de l'entrisme). Combien de gens de cette fraction de la gauche n'ont-ils pas qualifié le Hamas de « résistants » ? Soutenus diverses formes de multiculturalisme ? N'attendez donc pas du Service d'Ordre une quelconque réaction : les partis politiques et les organisateurs sont tous majoritairement OK avec l'implication de groupuscules religieux d'extrême-droite, tant qu'il s'agit de l'islamisme et que cela soit au nom de la Palestine. Je me souviens d'ailleurs d'une manif pareille où le Parti de Gauche, fidèle à sa laïcité, se sépara collectivement de la manif en voyant arriver lesdits barbus.

Et Kévin, les voiles que l'on voit circuler dans ces manifs ne sont pas juste de pieuses tenues mais très souvent, voire très généralement, des symboles politiques en faveur des mouvements qui se revendiquent de la Charia (comme le Hamas, ou toute autre organisation issue des Frères Musulmans). Comme la barbe peut l'être aux yeux de ces « abrutis » qui agitent des drapeaux de l'EIIL ou du Hamas. Cette religiosité politique n'est en AUCUN CAS comparable au christianisme révolutionnaire, à la foi traditionnelle de musulmans de la première génération (ou de ces vieux catholiques qu'aimait Bernanos, ces pauvres ayant la foi que visaient Engels et Lénine) ou au judaïsme d'un Walter Benjamin. Il est plutôt de l'ordre de ce catholicisme revendicatif des phalanges chrétiennes espagnole ou libanaise, et ne concerne en aucun cas les masses religieuses des banlieues que le socialisme révolutionnaire pourrait et devrait chercher à attirer à lui. L'accepter ou même le tolérer est une faute grave pour toute organisation politique qui se veut de gauche/socialiste. Voilà pourquoi je suis entièrement d'accord avec Leroy. Si Besancenot est cohérent, il ira manifester avec les identitaires contre l'Union européenne ou avec nationaux-catholiques contre le capitalisme mondialisé, s'il faut apparemment accepter les mouvements contestataires religieux de toute origine

Je précise en revanche une chose : la criminalité des actes de guerre d'Israël (dont la récente découverte d'usage d'obus à fragmentations n'est qu'une des dernières ignominies) ne sauraient être en aucun cas assimilée à ceux des Palestiniens quand bien même le Hamas envoie en effet des missiles sur Israël. La disproportion des victimes est tout simplement assez radicale dans son absurdité que pour ne pas devoir mériter plus ample commentaire, et les statistiques ne font que constater que celles-ci sont largement et cruellement en faveur du camp palestinien en matière de pertes. Le Hamas, qui par ailleurs fut catapulté au sommet de la Palestine grâce à l'État israélien lui-même, et qui ne fait que chercher à attiser le conflit en donnant le plus d'arguments possibles au camp extrémiste adverse. La responsabilité plus grande du Likoud et du gouvernement israélien, qui possèdent un levier que n'a pas le Hamas, ne peut déresponsabiliser ce dernier. Mais il serait faux de mettre sur un même pied d'égalité l'un et l'autre parti

mardi 15 juillet 2014

L'Eurocorps, les Américains, l'armée et la lutte des classes

Voici un inquiétant article à plusieurs points de vue. Tout d'abord, le point évident : l'impérialisme effronté des Américains, encore et toujours tapis quelque part, prêts à bondir sur la moindre faille de l'Europe pour s'y insérer et commencer le long travail d'infiltration. Après l'espionnage, l'accès à nos données bancaires, la soumission des décisions économiques au FMI (possession de fait des USA) et le Grand Marché Transatlantique, les Etats-Unis veulent intégrer l'ébauche d'armée européenne. N'est-ce pas logique ? Après tout, l'Europe est toute entière vouée à la subordination coopérative aux États-Unis, comme l'atteste le fait que 22 pays de l'Union soient aussi membres de l'OTAN. Comme le TAFTA, ceci ne serait pas une rupture mais une continuation ainsi qu'une radicalisation.

Mais cependant ce n'est pas le point le plus inquiétant. L'auteur, dans son européisme béat, fait mention des activités ainsi que des échecs de cet organisme opaque et peu connu. Il fait alors acte de piété en espérant une « armée européenne », dont l'Eurocorps serait une ébauche ou une première étape. Et quand on connaît l'histoire de la construction des Etats-nations en Europe, on ne peut que frémir devant cette perspective. En effet, c'est notamment à l'aide d'une armée centralisée et appartenant tout d'abord au Roi (avant d'appartenir à la Nation) que la royauté française a pu s'imposer à la fois aux aristocrates et aux communautés locales. Et quand la modernité, avec ses révoltes et ses révolutions ouvrières, prit le pas sur l'Ancien Régime, l'armée fut l'outil principal des bourgeois afin d’assoir leur ordre sur le prolétariat. Elle fut régulièrement présente lorsque les forces de l'ordre étaient dépassées par les insurrections populaires, et fit un bain de sang en 1871 quand ses troupes versaillaises prirent d'assaut les barricades des gens du peuple. « Le bilan total de la Semaine sanglante est d'environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. » (Hérodote.net)

mercredi 9 juillet 2014

« L'émancipation par le crématoire » de Georges Bernanos

« Avant de quitter son poste de chef d'état-major de l'armée américaine, le général Eisenhower vient de fournir au Congrès un rapport final qui est une sorte de testament militaire. On y lit :

"Nous nous trouvons chaque jour plus exposés aux armes offensives qui seront engagées dans les guerres futures. Des millions de citadins se verront condamnés à mourir de faim en quelques semaines si le système des transports était désorganisé... Une attaque contre quelques centres d'industrie lourde suffirait à disloquer notre vie nationale."

* * *

Telle est donc l'espèce de sécurité que donne la civilisation moderne, ou du moins ce qu'il est convenu d'appeler de ce nom, et qui n'est que l'absorption de toute la civilisation humaine par la Technique. Les moyens de détruire se perfectionnent tous les jours, et le monde moderne, dans sa prodigieuse inconscience, se fait de plus en plus vulnérable. C'est qu'il ne veut connaître, en effet, que la Technique, et la Technique ne connaît que le rendement. Puisque la concentration est favorable au rendement, le monde moderne, bon gré mal gré, sera concentrationnaire. Il ne saurait être question, pour lui, de sacrifier le rendement de la Machinerie à la sécurité des hommes, car la  valeur de la Machinerie ne cesse de croître, au lieu que celle du Matériel humain s'avilit.

* * *

On voit dès lors ce que signifie réellement dans la bouche des gens de gauche, et dans celle de leurs parasites démocrates-chrétiens, plus méprisables encore, le mot d'émancipation des masses. Prétendre qu'un monde concentrationnaire sera favorable aux masses est d'une énorme bouffonnerie. Pour la Technique, en effet, le déplacement de millions de tonnes de terre ou l'anéantissement de millions de vies humaines sont des problèmes également faciles à résoudre. Jouissez donc de votre reste, imbéciles ! Fourrez-vous en des grèves jusque-là, idiots ! Vous vous glorifiez naïvement du nom de travailleurs. Mais tout le gigantesque effort de la civilisation moderne n'a précisément qu'un but : réussir finalement à se passer de votre travail, pauvres jobards !

Lorsqu'en certains points de la planète, judicieusement choisis pour la construction d'immenses centrales d'énergie, quelques milliers d'hommes spécialisés suffiront à contrôler tout le mécanisme de la gigantesque usine universelle, vous aurez fini de rigoler, vieux frères.

Trente millions de travailleurs, ça fera tout juste deux millions de tonnes d'os et de viande, sans compter le poil ; on vous liquidera au poids, citoyens. Et comme les chimistes, en ce temps-là, auront depuis longtemps trouvé la formule d'aliments synthétiques, on ne vous fera pas l'honneur de vous mettre en conserves. L'émancipation des masses s'achèvera dans les crématoires électriques.

A votre bonne santé, camarades ! »

Georges Bernanos, L'intransigeant, 9-3-1948.

Patrick Vassort : « L'homme n'est pas devenu obsolète, mais superflu »

« Patrick Vassort : Même si mon point de vue est influencé par les analyses de Günther Anders, je ne pense pas que l'homme soit devenu obsolète uniquement à cause du déferlement technique ou du déferlement des machines, car ce serait oublier la logique interne du développement du système capitaliste. Cette logique du capitalisme a trois caractéristiques fondamentales : premièrement, c'est celle de l'accumulation sans fin du capital, deuxièmement la rationalisation de la vie et, troisièmement, l'arrimage des techniques et des sciences à cette accumulation et à cette rationalisation.

Au fond l'homme n'est pas devenu obsolète en soi, mais superflu. C'est une grande différence. L'obsolescence, c'est reconnaître le fait que dans un système, le capitalisme par exemple, un objet (qui peut être un vêtement, une voiture, ou dans le cas qui nous intéresse, un homme) puisse avoir une efficacité reconnue jusqu'à un certain moment dans le temps, puis cet objet n'est plus suffisamment efficace : il devient donc obsolète. Nous sommes aujourd'hui passés à une autre étape : l'homme est en train de devenir superflu, non pas parce qu'il aurait seulement perdu son efficacité mais surtout parce qu'il perd sa propre humanité, sa capacité de penser, son autonomie. Ce qui le constitue en tant qu'humain disparaît : toute sa dimension libidinale, négative, les aléas de la vie... Nos sociétés fonctionnent selon les seuls principes de l'efficacité, de la productivité, de la rationalité. On ne veut plus laisser se réaliser la rencontre avec le hasard, on n'a de cesse de le faire disparaître alors que la vie elle-même est née du hasard, est liée au hasard. Le fantasme absolu, avec la perspective de la transhumanité, c'est de devenir immortel, de faire disparaître les hasards "pathologiques" de la vie et de sa propre mort. Or dans un système dialectique il ne peut y avoir de vie que si la mort existe. Avec le fantasme de la santé parfaite, on lutte y compris contre l'acceptation de la mort. L'humanité, qui se définit par l'incroyable hasard de l'existence même de la vie, devient superflue quand elle fait disparaître sa propre négation, la dimension dialectique, le hasard de la mort, pour laisser place au triomphe de la rationalité.

Quand l'homme n'a plus la distance nécessaire pour vouloir rester un homme, mortel, vulnérable, nous entrons dans une nouvelle dimension anthropologique. Dans ce système capitaliste qui fait primer les principes de compétition et d'élimination de l'autre, on lutte pour une rationalité insturmentale perpétuelle, la maîtrise de toute forme de nature, arrimée à la technique.

Même les projets d'homme "augmenté" par la technique sont de plus en plus acceptés. On assiste à un glissement, qui s'observe dans un discours que l'on entend partout et tout le temps, selon lequel "la technique n'est pas mauvaise en soi, elle est ce que l'homme en fait, et elle peut toujours nous être bénéfique".

Pardonnez-moi l'expression, mais c'est un discours pour crétins. Lorsque les Allemands ont sorti de leurs usines les chars Panzer, qui étaient plus rapides, plus puissants, mieux cuirassés, techniquement plus performants que les autres, est-ce qu'ils pouvaient promettre un avenir meilleur ? Le sens donné à la technique n'est pas simplement orientée par l'utilisation potentielle et imaginaire que les hommes ont de celle-ci, elle est surtout orientée par ses capacités intrinsèques et la philosophie dominante ; pour ce qui nous concerne : le capitalisme. Il n'y a pas à tergiverser : lorsque nous créons un appareillage technique, il nous faut un minimum de responsabilité. Les lobbies de l'industrie et tous les gouvernements européens nous disent que la technique, les sciences, le développement, c'est toujours bon en soi. Ce discours est repris dans les médias, absorbé, et devient un lieu commun. Mais il faut remettre en cause l'innovation et ses applications, faire jouer et se former au principe responsabilité.

Désormais, il semble que tout ce qui nous met en relation avec la technique nous fait perdre notre emprise sur notre propre vie qui, petit à petit, est gérée par d'autres et surtout par des machines. Cette dépendance à la technique rend l'homme non seulement dominé, mais superflu. L'informatique et les nanotechnologies vont bientôt gérer totalement nos emplois du temps, notre "travail", nos rencontres amoureuses et amicales, nos besoins et nos achats, notre santé, notre reproduction...

Et la superfluité de l'homme est aussi politique et économique. Toutes ces dimensions sont liées. Par exemple, quand on fait échouer un bateau hautement toxique en Inde ou ailleurs pour le désamianter, on se moque de savoir ce que deviennent les autres, ceux qui le démantèlent. Et on fait pareil avec les téléphones portables, les ordinateurs... Les régions les plus riches de la planète polluent les régions les plus pauvres, tout en se moquant de la survie même des hommes les plus pauvres, devenus des sujets politiques superflus. Je pourrais prendre un autre exemple du développement de la superfluité : la dette. L'endettement est aujourd'hui délirant, il ne correspond à rien, ce que ne sont que des chiffres auxquels ne peut correspondre aucune richesse matérialisée et cela signifie que par leur travail les populations remboursent du virtuel. Mais avec la dette, les plus riches tiennent les plus pauvres sous leur coupe et les rendent superflus.

Quand la superfluité de l'homme est à la fois politique et économique, technique et scientifique, on obtient une situation compliquée, de souffrance et je ne vois pas comment on peut imaginer nue suite, alors que la masse est disséminée en individus isolés qui ne se reconnaissent plus que comme isolat. La grosse difficulté, c'est de trouver le vecteur permettant de réunir ceux qui refusent ce que nous sommes en train de vivre, ce que nous devenons, pour se regrouper et lutter ensemble tout en tenant compte des différences.

Certains écologistes (et je ne pense pas aux Verts) ont de bonnes réflexions dans cette optique : lutter contre toutes les formes de consommation outrancière, économiser ce que nous avons, relocaliser. Relocaliser, ce n'est pas seulement produire et consommer localement contre la mobilité des marchandises et les flux de capitaux, mais aussi relocaliser la culture, et je dirais même la langue. Car on n'arrive à penser qu'avec une langue construite, maîtrisée, précise, complexe. C'est ainsi que nous pouvons nous enraciner dans une humanité de langue, en revendiquant un droit à la différence avec un arabe, un anglais, un allemand, ou un français littéraires, complexes et vivants. Et il ne s'agit surtout pas de nationalisme mais bien d'humanisme car la relocalisation n'est pas un problème de frontières ou d'État-nation : Hegel disait que l’universel, c'est la totalité des différences et celles-ci n'ont que faire des frontières. Quand tous les peuples discuteront un charabia proche de l'anglais des affaires, quand les transports, les sciences et la technique, la télé auront unifié toutes les cultures, qu'un Indien, telle une marchandise, deviendra l'équivalent économique, politique, culturel, d'un Français ou d'un Mexicain, dans une forme de conformisme et d'indifférenciation généralisés, alors l'homme sera devenu définitivement superflu. »

« La Machine a-t-elle tué l'homme ? », entretien croisé avec Patrick Vassort (auteur de l'Homme superflu (Le Passager clandestin, 2012), Jean-Michel Besnier et Juliette Grange. Publié dans La Décroissance, n°110, juin 2014, p.14.