mercredi 18 septembre 2013

Le sénat français interdit les concours de « mini-miss » : bravo !

Une décision du sénat français que l'on ne peut qu'applaudir des deux mains de manière frénétique et enthousiaste – à défaut de donner des gifles à cette même cadence aux organisateurs de ces saloperies – vise à interdire les concours dits de « mini-miss ». Les concours de mini-miss sont d'ignobles fabrications d'origine américaine (quelle surprise !), où viennent se dandiner et se pavaner des gosses de moins de 10 ans devant un public de pédophiles libidineux et de connes probablement étourdies par les reflets de leurs propres bijoux ou de leur teint orangé.

Imaginez un spectacle dont rêverait le dernier des Dutroux du fin fond de sa cellule, avec des gamines complètement hallucinées par la propagande de leurs parents (généralement leur mère) et vêtues comme des catins d'Amsterdam : voici le concours si doux et si touchant que l'on nomme « mini-miss ». Admirez-les ouvrant leurs sourcils fardés comme la dernière des bimbos, battant des cils comme un tout un régiment de poupées mécaniques, cherchant à séduire un jury aux motivations sinistres et dodelinant de la tête machinalement au rythme de musiques de boite de nuit... La société capitaliste a créé la pédophilie en strass et paillette, le frou frou sponsorisé par NAMBLA, bravo !

Il est intéressant de noter qu'un organisateur de ces défilés a récemment déclaré (entendu au journal de la RTBF) qu'il pourrait délocaliser ses ignominies en Belgique. N'est-il pas particulièrement admirable de voir cette merveilleuse mondialisation au service de la sexualisation des gamines prépubères ? Ah mais oui, n'est-ce pas, n'a-t-on pas déjà délocalisé nos bordels pédophiles en Thaïlande ou au Brésil au grand plaisir des bedonnants Occidentaux ? Vive le progrès mes amis !

Mais foin d'ironie, et un peu de courage messieurs les notables, vous êtes sur la bonne voie : il ne vous manque plus que de vous remuer le cul pour interdire les strings, maquillages et autres outils aussi divers qu'absurdes à destination des enfants. Je précise néanmoins une chose : la société actuelle n'a pas besoin de ces concours minables pour pornographier tout et tout le monde. Ce n'est qu'une conséquence et non une cause ; un phénomène parmi d'autres. Tant qu'on ne comprendra pas que la société de consommation a besoin de tous, de tous les marchés, de tout et de toute chose qu'elle avale à son profit afin de vendre et revendre, on ne comprendra rien et on ne fera rien.

Remontons aux causes, à la racine : n'est-il pas juste de voir ici la simple conséquence de ce théorème précédemment énoncé ? Le capitalisme consumériste est devenu libéral-libertaire : il revendique le sexe et la séduction pour faire marcher la machine à consommer. Rien de surprenant à ce qu'après que le marché ait transformé le corps de la femme en marchandise et les enfants en cibles privilégiées du marketing, il cherche à combiner le meilleur des deux mondes, non ? Ne soyons donc pas étonnés le jour où Petit Bateau se sera reconverti en vendeur de porte-jarretelles.

Sans attaquer cela, l'on n'empêchera jamais ceci de se reproduire ad nauseam partout où c'est possible. L'imagination des pervers déborde de sottises toutes aussi délirantes : on y mettrait bien la main afin de sonder ce gouffre sans fond, mais elle ne ferait que palper le néant. Reste qu'on ne peut que constater qu'un monde où les vieillards se veulent toujours plus jeunes, plus beaux, plus pimpants que la veille, au même moment où l'on jette les enfants toujours plus tôt dans le monde du sexe, de la violence et du vice, est un monde qui marche sur la tête – voire sur sa tête.

dimanche 1 septembre 2013

Quand le peuple fait preuve de sagesse

« Quant à la sagesse et à la constance, 
je dis qu'un peuple est plus sage, plus 
constant et plus avisé qu'un prince. »  
Nicolas Machiavel

Il est souvent fait mention dans les sphères autorisées, afin de justifier le pouvoir des hommes « compétents », de l'incapacité évidente du peuple à raisonner correctement et à faire preuve de jugements justes. Telle personne rappellera Socrate s'il a un peu de culture classique, telle autre se fera un malin plaisir d'énumérer les vices intrinsèques de « la masse » : ivrognerie, désintérêt pour les choses sérieuses, misogynie atavique, esprit malléable au gré des bateleurs et de ses pulsions (« si l'on avait fait confiance au peuple, l'on n'aurait pas aboli la peine de mort » diront les gens de bien), incapacité à reconnaitre l'expertise, bellicisme et tant d'autres joyeusetés dont ferait preuve le vulgum pecus. Pourtant, si l'on fait un peu plus attention à l'histoire et aux rares moments où la majorité eut en quelque sorte son mot à dire, et même plus : se chargea de l'appliquer elle-même, l'on remarque plusieurs choses qui passent bien souvent au-dessus des esprits éclairés.

Quelques exemples des vils instincts du peuple

Prenons par exemple la révolution russe de 1917 – celle de février et non le coup d'Etat bolchévique d'octobre. Authentique mobilisation populaire faite par des ouvriers, des marins ou des soldats, ses conquêtes, aussi diverses que nombreuses, furent entre autre de l'ordre de « l'abolition de la peine de mort [nous soulignons], la journée de huit heures de travail, la liberté d'association, de réunion et de la presse, le suffrage universel, la déclaration des droits du soldat, l'instauration des soviets, des comités de fabrique et d'usine, les libres élections de l'Assemblée constituante, etc. » (1). Les mots d'ordres majoritaires en ce temps étaient : du pain, la paix et la liberté. Nous sommes bien éloignés des clichés aristocratiques d'une masse folle et sotte, irritée et irascible, ayant la conscience d'un enfant en bas âge...